Espace Généraliste

AG Espace Généraliste

Pantin - 29 janvier 2006

dimanche 29 janvier 2006 par LAMY Pascal

D’ors et déjà le pari lancé par 30 médecins généralistes le 25 septembre 2005 à la FIAP Jean Monnet est gagné : Espace Généraliste s’impose dans le paysage du syndicalisme médical en France !

Le 29 janvier 2006, quatre mois après l’AG constitutive, ce sont 510 adhérents qui ont mandaté 65 militants venus de douze régions différentes pour donner une nouvelle impulsion au jeune syndicat.

Réalisée en quatre mois, sans aucun moyen initial, la performance laisse pantois les plus optimistes d’entre nous. Le mailing adressé aux 58OOO médecins généralistes exerçant en France, continue , deux mois plus tard, de susciter des adhésions.

À l’heure où le syndicalisme médical est en crise, le choix d’afficher le nombre d’adhérents sur la page d’accueil marque la volonté de transparence du nouveau syndicat. D’ors et déjà nous en sommes à la moitié des meilleurs syndicats...

Les élections aux unions professionnelles seront l’occasion de renforcer cette présence dans toutes les régions. Six syndicats régionaux ( Alsace, Bretagne, Centre, Ile de France, Languedoc roussillon, Provence Alpes Côtes d’Azur) seront bientôt rejoint par Rhônes Alpes, Pays de Loire, Réunion, Poitou Charentes, Nord Pas de Calais, Lorraine, Picardie...

Espace Généraliste se caractérise par une volonté de rupture avec le syndicalisme classique ; recentrage sur la défense professionnelle- volonté de clarté sur le mode de fonctionnement, sur le financement, sur le mode décisionnel.

Aucun sujet n’y est tabou. Réunis par une même recherche des outils adéquats pour exercer dignement notre profession, s’y retrouvent aussi bien des médecins généralistes exerçant en secteur 2 que des médecins référents convaincus. Défendre une certaine idée de la médecine générale mais aussi et surtout défendre ceux qui l’exercent.

Les enjeux à venir sont d’importance et, sans une représentation forte de la profession, le risque est grand d’y perdre notre indépendance.

Indépendance de la formation initiale et continue, indépendance dans notre exercice quotidien. L’EPP qui se met en place ne fonctionnera pas sans un financement adapté et une prise en main par les professionnels eux-même.

Indépendance également vis à vis des caisses d’assurance maladie qui nous surchargent de paperasses diverses et variées, qui ne loupent pas une occasion de renvoyer sur le médecin généraliste toutes les tâches qu’elle ne peut plus traiter elle même ... et à moindre frais. La télétransmission est en l’exemple le plus frappant. Si l’on comprend bien à qui elle profite, on se demande bien pourquoi, mois après mois, années après années, les professionnels devraient en supporter les frais de maintenance et de mise à jour ...

Les réquisitions qui sévissent dans nombre de départements sont inadmissibles. La DCI sans les outils nécessaires pour la mettre en pratique ... La protection sociale du généraliste à revoir ...

Les syndicats signataires qui ont livré la profession pieds et poings liés au pouvoir régalien des caisses d’assurance lmaladie...

Trop souvent le médecin généraliste demeure la variable d’ajustement nécessaire au système.

Mais, plus que tout, l’absence de reconnaissance du rôle joué par notre profession reste la pierre d’achoppement de la réforme dite du » médecin traitant ».

En stipulant que « tout médecin pouvait être médecin traitant » le camp de la contre réforme a perdu une occasion de se taire : les patients ont spontanément plébiscité le médecin généraliste le légitimant désormais totalement dans son rôle de médecin du premier recours, seul à même (car formé pour cela) d’exercer un suivi dans la durée, d’assurer non seulement la mission de synthèse mais aussi celles de dépistage et de prévention que mérite un pays moderne.

La prise de conscience est radicale et totale : le médecin généraliste est désormais installé dans ce rôle pour longtemps.

Et, pour peu que la profession parvienne à obtenir par la revendication, les moyens que la réforme lui a refusé, elle saura mettre en forme ces missions qui sont les siennes.

Le président Claude Bronner, très en forme, a animé du début à la fin cette journée au programme chargé, imposant son timing, mais permettant l’expression de chacun.

Les militants présents ont dès à présent conscience d’entrer en résistance. Et de nombreuses possiblités d’action ont été proposées. L’EG zapping , journal électronique du syndicat, les reprendra semaine après semaine.

Mais s’il est une revendication sur laquelle l’AG s’est exprimée unanimement, c’est bien l’obtention du C=CS ou plutôt de la disparition de ces deux lettres (avec alignement sur le CS).

Symbole de la reconnaissance de la spécificité de la médecine générale, il est apparu clairement que cette revendication sera obtenue de gré ou de force dans les mois qui viennent.

L’élection du comité directeur a marqué le renouvellement de la confiance au Président Claude Bronner et à son équipe.

La nouvelle étape sera désormais l’élection aux unions professionnelles qui va nécessité le déploiement de toutes les ressources des militants.

La défense de la profession de médecin généraliste est à ce prix.

Pascal Lamy


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