Espace Généraliste

EG Zapping n° 71

ENTENTE SYNDICALE : MORT DE RIRE (JAUNE)

samedi 5 avril 2008 par BRONNER Claude

Espace Généraliste

05 AVRIL 2008....N° 71
 ENTENTE SYNDICALE : MORT DE RIRE (JAUNE)


ENTENTE
ILLICITE ?
Si les syndicats médicaux pouvaient s'entendre, ça se saurait ! Une spécialité française est la multiplication des syndicats : les médecins n'y font pas exception (même Espace Généraliste...). C'est pourquoi l'accusation d"'entente", que ce soit entente tout court ou illicite, proférée par le Conseil de la Concurrence serait du plus haut comique si elle n'était scandaleuse. Rien ne vaut la lecture du texte du Conseil de la Concurrence qui a lourdement condamné plusieurs syndicats médicaux dans un avis de 42 pages. Vous y découvrirez des arguments tirés par les cheveux; des punis grave ( la CSMF en a par exemple pour 370 000 €); les recettes des syndicats (pas les détails, mais les totaux); des qui ont eu de la chance (la CNAMLib)... Pour les curieux, vous découvrirez le fonctionnement du syndicalisme spécialiste (par exemple des syndicats verticaux comme les gynécologues ou les pédiatres représentés dans plusieurs centrales nationales).

CONDAMNATION LES FAITS ils se rapportent à la période post 2001, après le passage à l'euro. Après 7 années sans revalorisation du Cs, ce dernier était toujours bloqué. Les syndicats de spécialistes ont donc conseillé les médecins de diverses manières (chacun la sienne) sur les modalités d'application du DE. L'exaspération des médecins spécialistes les a amenés à appliquer nettement plus les DE (dépassement pour exigence), ce qui les a fait progresser. C'est la motivation de la condamnation. C'est comme si Espace Généraliste conseillait si efficacement aux généralistes d'appliquer la MCG ou la VMU qui sont effectivement sous utilisés par rapport au potentiel et que cela entrainerait un bon dans les dépenses qui servirait de prétexte pour condamner le syndicat parce qu'il a fait son travail syndical.

CONDAMNATION LES COMMENTAIRES Roselyne Bachelot veut elle tuer la médecine secteur 1 ? Pas de représentativité pour les syndicats actifs, des amendes (à payer de suite) pour ceux qui ont râlé quand ils étaient opposants, pas de C = CS en 2008. C'est d'une part la quasi fin de toute action avec les outils conventionnels (le DE en est un) et c'est d'autre part un message très clair envoyé à la profession : si vous voulez être tranquille comme libéral, installez vous en secteur 2 et avec la complicité tacite des mutuelles ramassez tout ce que vous pouvez. Si vous ne pouvez accéder au secteur 2, vous êtes définitivement bridé, dans vos moyen de travail comme vos revenus; soyez donc salariés. C'est bien sûr la mort du secteur optionnel déjà en réanimation : quel secteur 2 va souscrire à quoi que ce soit dans cette situation ? Quelle crédibilité ? A vouloir "protéger" le système parce que les dépassements d'honoraires deviennent un problème aigu de notre société, on crée toutes les conditions pour un système à 2 vitesses renforcé, avec des résultats pitoyables. On a cru défendre l'accès aux soins ? On a au contraire porté un rude coup au système conventionnel. Quant aux peu nombreux médecins secteur 1 qui ont cotisé dans ces syndicats : double peine. Punis pour les tarifs bloqués (par rapport aux camarades secteurs 2), punis parce qu'on leur repique leurs cotisations !

Cet EG Zapping est envoyé à tous les médecins et à quelques autres partenaires dont nous avons l'adresse de courriel. Notre annuaire est déclaré à la CNIL. Si vous ne voulez plus le recevoir, écrivez à courrier@espacegeneraliste.org . Tous les renseignements pratiques concernant Espace Généraliste se trouvent sur notre site. N'hésitez pas à nous transmettre les adresses de vos collègues, toujours sur cette adresse . Pour adhérer, envoyez un chèque de 200 euros à Espace généraliste - 27 rue de la plage - 56750 Damgan. Pour appeler, faites le 02 97 41 11 45. Vous pouvez lire et imprimer ce zapping en PDF sur le site. Cet EG Zapping a été rédigé par Claude Bronner avec l'aide de Pierre Névians pour le site Internet.

GRIPPES, POLLENS ET ALERTES. Le GROG fait état d'une petite recrudescence des infections respiratoires aigûes. N'oubliez pas les pollens avec le bulletin d'alerte du RNSA.

RECOURS URGENTS "Recours urgents et non programmés à la médecine générale de ville : satisfaction des patients et suites éventuelles" est la publication 625 de février 2008 de la DREES. L'étude date de 2004. On se demande comment faire des économies ? Une réponse se trouve dans ce document : dissuader les patients de se rendre à l'hôpital pour les urgences qui peuvent être traitées en ville. 16 % d'examens complémentaires prescris en ville (surtout analyses biologiques ou radiographies) contre 68% à l'hôpital. On sait par ailleurs que 80% des urgences vues à l'hôpital auraient relevé de la ville ! Ce qui manque, mais ce n'était pas l'objet de l'étude, c'est l'éventuel apport d'une régulation préalable.

PATHOLOGIES PROFESSIONNELLE une page à mettre en mémoire est celle qui traite des pathologies professionnelles sur le site de la CRAM Ile de France. Tapez par exemple "Epicondylite" dans la case recherche. Outre que vous pouvez traiter la situation selon la caisse d'affiliation du patient, vous aurez accès à la fiche épicondylite de l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) en cliquant pour le Régime Général sur le code RG 57 à gauche, découvrant par la même occasion que le délai de prise en charge est de 7 jours, mais en plus vous pourrez vous lancer dans la déclaration en découvrant toutes les subtilités de cette action très utile à votre patient atteint d'épicondylite en ouvrant la page déclarer.

TAXE FRANCHISE les patients commencent à regarder d'un mauvais oeil leur généraliste puisque les relevés de l'assurance maladie déduisent en général la franchise sur le remboursement des 22 €. En effet, le tiers payant étant généralisé chez les pharmaciens, madame Lacaisse ne peut pas retirer ses 0,50 € par boite sur ce tiers là sauf à demander au pharmacien de l'encaisser, ce que ces derniers ont bien sûr refusé de faire. Pour le médecin, il y a une solution imparable: jouer au pharmacien et pratiquer lui aussi le tiers payant ! Il peut aussi informer ses patients, mais on en a assez d'être les pompiers de service dans un système qui marche de plus en plus sur la tête.

INFIRMIERS PIQUEURS réunion récente au ministère pour valider la pratique de la vaccination anti-grippale par les infirmiers. Espace Généraliste s'est permis de rappeler que le problème est bien plus complexe qu'on ne le croie : face à des confrères généralistes pseudo syndicalistes qui sourient d'un air entendu quand on laisse dire que les médecins généralistes profiteraient de ces vaccinations grippales pour se faire des honoraires à peu de frais, nous avons rappelé que la valeur du C est telle qu'il faut parfois des actes simples pour compenser les plus complexes qui sont mal rémunérés, que l'acte vaccinal est la plupart du temps un acte de plus dans une consultation qui aurait eu lieu de toute façon, que si ce n'est pas le cas, le vaccin est souvent une bonne occasion pour parler d'autre chose et qu'au final, tout cela fait que la plupart du temps, le coût de la vaccination par l'infirmier risque de se rajouter au processus au lieu de remplacer un acte de généraliste. Bref, beaucoup d'agitation pour rien.

LOBBYING ET CONTRE LOBBYING faire passer ses idées et ses intérêts est essentiel pour chacun. L'industrie pharmaceutique sait mobiliser ses moyens et a largement démontré ses qualités dans ce domaine. Le sujet de l'"information" et de la "formation" des patients revient régulièrement à l'ordre du jour au Parlement Européen. Des associations sollicitent les députés pour que ces derniers ne répondent pas favorablement à la pression très actives des laboratoires en vue d'être les acteurs directs de l'information, la formation et le suivi des patients qui utilisent leurs produits. Deux textes pour ceux que ça intéresse : une lettre au parlement "Information-patient" provenant des firmes pharmaceutiques : un débat confisqué ? pour rappeler que le parlement dévie sur ce sujet et une lettre ouverte détaillée intitulée "Information-patient" voulue par la Commission : au service des ventes de médicaments, pas des patients.

AVENTURES A VELO l'ex président de MG-France Pierre Costes est parti 6 mois à vélo pour un long périple après avoir cédé la présidence à son successeur avant de retourner à son cabinet. Il en a profité pour rédiger un journal de voyage mis en ligne.

ETATS GENERAUX une nouvelle grand messe aura lieu le 9 avril à la Maison de la Chimie. La notion de premier recours, qui dans les systèmes de santé organisés avec un peu de bon sens et d'intelligence est dédiée à la médecine générale se dilue joyeusement dans un feu d'artifice de premiers recours revendiqués à tout vat. Ca valait bien la peine pour la loi de créer le médecin traitant et pour les français de choisir logiquement ceux-ci parmi les médecins généralistes.

LE COIN DU CARABIN Bob décide de faire son baptême de l'air. Il se rend dans un aéroclub et demande à un pilote :- Voilà... J'aimerais faire mon baptême de l'air mais en revanche je voudrais faire un vol à sensations ! Pas les petits vols pépères que vous réservez aux touristes !- Pas de problème, si vous êtes amateur de sensations fortes, vous allez en avoir ! Bob et pilote montent donc dans un petit avion. L'avion prend de la vitesse... Il roule de plus en plus vite mais ne décolle pas ! Il fonce droit sur un arbre ! Au dernier moment, le pilote tire sur le manche et l'avion décolle en frôlant les branches de l'arbre... Le pilote entend son client assis derrière lui dire : - Cà, je m'y attendais...
L'avion a maintenant pris de l'altitude. Comme Bob ne semble pas avoir eu peur au décollage, le pilote tente la figure de la "feuille morte". Il coupe le moteur de l'avion et ce dernier chute vers le sol. L'avion part en vrille, le sol se rapproche de plus en plus vite et au dernier moment, le pilote remet les gaz et tire sur le manche ! L'avion fait un rase-mottes et reprend de l'altitude... Le pilote entend son client dire : - Ca, je m'y attendais aussi !
Enervé, le pilote bascule l'avion sur le dos. Il vole ainsi un petit moment puis enchaîne les loopings. Lorsqu'il termine ses acrobaties, le pilote entend Bob dire : - Cà, je ne m'y attendais pas... Comme le client a enfin eu les sensations fortes demandées, le pilote pose le petit avion en douceur. Après avoir atterri, il dit à son client : - J'ai cru que je n'arriverais jamais à vous faire peur ! Vous n'arrêtiez pas de dire "ça, je m'y attendais !" - Vous n'avez pas compris ! dit Bob. Quand j'ai dit "ça, je m'y attendais !" au moment du décollage, c'est parce que j'ai pissé dans mon froc tellement j'ai eu peur ! Ensuite, quand l'avion a chuté vers le sol, j'ai dit "ça, je m'y attendais !" parce que j'ai fait dans mon froc tellement j'ai eu peur ! Par contre, quand vous avez fait les loopings et que tout est remonté par mon col, ça, je ne m'y attendais pas.

Et pour finir, un mini diaporama que les celles (et ceux, honneur à eux) qui trouvent à juste titre que le coin du carabin est trop macho s'abstiendront de regarder pour éviter d'avoir à engueuler l'auteur de cet EG Zapping.

Dr Claude Bronner


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